L’immobilier suisse s’envole: +3,5% en un an, l’accès à la propriété s’éloigne pour les Romands

Économie

La spirale haussière s’accélère

Les prix des appartements en propriété ont augmenté en moyenne de 2,4% par rapport à la fin 2025, tandis que ceux des maisons individuelles ont même progressé de 3,7%. Cette dynamique haussière, observée dans les premiers trimestres de 2026, persiste avec force à l’approche de la fin d’année. Le prix moyen des biens immobiliers en Suisse s’établit à CHF 8’214/m² en octobre 2026.

Sur douze mois, la progression est encore plus impressionnante. Au premier trimestre 2026, les prix de l’immobilier résidentiel ont augmenté de 3,5% par rapport à l’année précédente. Pour les acquéreurs romands, ces chiffres signifient une seule chose : l’accession à la propriété devient un parcours d’obstacles financiers de plus en plus insurmontables.

Demande forte, offre faible : une équation inflationniste

Plusieurs facteurs alimentent cette spirale haussière. L’insuffisance des nouvelles constructions et le fait que les propriétaires ne ressentent actuellement aucune pression à la vente font que l’excédent de la demande continuera à stimuler l’évolution des prix. En clair, l’offre reste anémique face à une demande qui ne faiblit pas, créant les conditions idéales pour une envolée des prix.

Soutenus par une baisse des coûts de financement et un cadre économique favorable, les prix des maisons individuelles et des appartements en propriété ont augmenté au cours de l’année. Depuis mars 2024, la Banque nationale suisse a progressivement abaissé le taux directeur à 0,0%, ce qui a nettement réduit le prix des financements. Le paradoxe est clair : les taux bas, censés faciliter l’accès à la propriété, rendent les prix eux-mêmes plus séduisants pour les investisseurs, qui renchérissent rapidement les biens à la revente.

L’immobilier de rendement accapare le marché

Le marché de rendement ne fait qu’amplifier cette tendance. Le marché de l’immobilier de rendement a nettement pris de l’élan au deuxième trimestre 2026. Les immeubles collectifs ainsi que les immeubles à usage mixte se sont négociés à des prix en hausse de 1,3% par rapport au trimestre précédent, soit une plus-value de 4,3% sur les douze derniers mois. Les investisseurs institutionnels captent une part croissante du parc de logements disponibles, réduisant d’autant l’offre pour les ménages qui cherchent simplement à se loger.

Les grandes villes romandes hors de portée

Les disparités régionales demeurent criantes. Dans les grandes villes comme Genève, Lausanne et Zurich, les prix au m² dépassent régulièrement les CHF 10’000 pour l’achat, et les loyers de nouveaux baux s’envolent face à une pénurie chronique de logements. Pour les Romands des métropoles, la question n’est plus tant « comment acheter » que « où chercher un logement abordable ».

Un ralentissement très relatif

Les experts restent divisés sur les perspectives. Pour les années 2026 et 2027, les experts d’UBS tablent sur un léger ralentissement de la hausse des prix en raison des difficultés d’accès à la propriété, même si celle-ci devrait tout de même s’élever à environ 3%. Un ralentissement relatif, donc, qui change peu à l’équation pour les ménages voyant leur horizon d’accès à la propriété reculer année après année.

La Banque nationale suisse maintient son engagement envers une politique monétaire souple, avec une inflation faible et une croissance économique modérée pour 2026. Mais la stabilité des taux n’enraye pas la hausse des prix : elle l’entretient. Tant que l’offre de logements restera aussi limitée, aucun levier monétaire ne suffira à rendre l’immobilier plus abordable.