Le Groupe d’experts de la Confédération pour les prévisions conjoncturelles revoit à la hausse ses prévisions pour la croissance économique de la Suisse, tablant sur une croissance de 1,7 % pour 2026, contre des prévisions antérieures de 0,9 %. Le KOF relève également sa prévision de croissance du PIB suisse de 0,8% à 1,9% pour 2026. Cette embellie marque un tournant majeur après des mois d’incertitude économique.
Au premier semestre 2026, l’économie suisse s’est montrée nettement plus résistante que prévu face à la pression exercée par la politique douanière américaine et la hausse des prix de l’énergie. Les exportations pharmaceutiques et la résistance de la zone euro ont soutenu l’économie helvétique au premier semestre. Pour les ménages comme pour les investisseurs, ce rebond inattendu redessine le paysage économique suisse à l’automne 2026.
La Romandie tire particulièrement bien son épingle du jeu. Selon les estimations de l’Institut Quantitas pour l’analyse et la prévision économiques de la HES-SO, son produit intérieur brut devrait progresser de 1,9% en 2026, après une hausse de 2,2% en 2025. Cette trajectoire reste néanmoins relativement favorable par rapport aux prévisions nationales du Secrétariat d’État à l’économie (Seco), qui anticipe une progression du PIB suisse de 1,7% en 2026 et de 1,6% en 2027.
Quels facteurs expliquent cette renaissance ?
Le rapport entre les exportations de biens et le PIB atteint ainsi 48% pour la Suisse romande, tandis que la moyenne mondiale affiche 21% et celle de la zone euro 34%. La diversité des activités, des produits innovants qui trouvent preneurs à l’étranger et un marché intérieur solide constituent les piliers de cette performance. Le commerce extérieur et la dépréciation du franc soutiennent les exportateurs suisses exposés aux changes.
Pour autant, les économistes restent prudents. Si le premier semestre a représenté la rampe de lancement de la croissance de l’ensemble de l’année, le KOF prévoit une pause durant le troisième trimestre, avant une reprise modérée au cours des trois derniers mois de 2026. Dans le détail, les indicateurs concernant la demande des ménages et la demande extérieure ont légèrement reculé en octobre.
Inflation maîtrisée, chômage en baisse
Sur le front monétaire, la Suisse continue de bénéficier d’une situation favorable. L’inflation reste maîtrisée à 0,6% et le chômage devrait reculer progressivement dès 2027. Ce cocktail gagnant offre aux ménages une certaine stabilité budgétaire, tandis que les entreprises peuvent planifier leurs investissements sans crainte d’une inflation galopante.
Les investissements en capital fixe progressent de 1,3% en 2026, avec des perspectives favorables pour 2027. Un signal positif pour les PME qui, depuis le choc des années 2023-2025, attendaient des signes concrets de redynamisation économique.
Les avertissements à ne pas oublier
Reste que les perspectives restent traversées par des turbulences. La Suisse reste fortement dépendante de la conjoncture mondiale, de la demande européenne et de ses exportations. Les tensions commerciales, les prix de l’énergie, les incertitudes géopolitiques et l’évolution du franc suisse continuent ainsi de peser sur les perspectives.
Pour l’heure, le baromètre se situe toujours “au-dessus de la moyenne à moyen terme”, avec des perspectives pour la conjoncture suisse qui restent solides. Les décideurs politiques et économiques peuvent souffler : le navire suisse retrouve son cap.