L’optimisme refait progressivement surface en Suisse. Le SECO relève sa prévision de croissance du PIB suisse à 1,7% pour 2026, contre 0,9% estimé en juin. Une révision à la hausse spectaculaire qui redessine les perspectives économiques helvétiques après des mois de prudence.
Ce changement de cap n’est pas du seul ressort des experts fédéraux. L’OCDE et UBS partagent cet optimisme et ont aussi revu leurs prévisions à la hausse pour la Suisse. Le KOF va encore plus loin, avec une projection portée à 1,9%, suggérant qu’une accélération soutenue est en cours.
L’export tire la machine
Les moteurs de cette reprise sont clairement identifiés. Le commerce extérieur et la dépréciation du franc soutiennent les exportateurs suisses exposés aux changes. Les exportations pharmaceutiques et la résistance de la zone euro ont soutenu l’économie helvétique au premier semestre.
Cette dynamique commerciale vient contrebalancer les inquiétudes qui paralysaient les analystes. Depuis le printemps, les tensions géopolitiques, les prix de l’énergie élevés et les incertitudes commerciales pesaient sur les perspectives. Mais les chiffres du deuxième trimestre ont montré une économie suisse plus résiliente que prévu.
L’investissement se redresse, la consommation reprend
Les investissements en capital fixe progressent de 1,3% en 2026, avec des perspectives favorables pour 2027. Un signal que les entreprises suisses retrouvent confiance et ne réduisent plus leurs effectifs ou leurs projets d’expansion.
Le marché du travail bénéficie de cette amélioration. En septembre, le taux de chômage au sens du Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) s’est maintenu à 3,0%, comme en juillet et août. Un niveau stable qui, conjugué à l’inflation maîtrisée, préserve le pouvoir d’achat des ménages romands.
La consommation privée a aussi apporté son soutien, reprenant au 2e trimestre après un début d’année poussif. Le climat de consommation s’est amélioré, les ventes du commerce de détail se sont redressées et des signes d’apaisement apparaissent également dans l’hôtellerie-restauration.
Inflation en retrait, salaires réels à la hausse
Pour les portefeuilles des ménages, la bonne nouvelle persiste : l’inflation reste maîtrisée à 0,6% et le chômage devrait reculer progressivement dès 2027. Malgré un ralentissement annoncé des augmentations nominales de salaire, cette faible inflation crée de l’espace pour des gains de pouvoir d’achat réels.
Il convient toutefois de nuancer l’enthousiasme. Si le PIB de la Suisse a fortement progressé récemment, le conflit en Iran, les prix élevés de l’énergie et les incertitudes persistantes en matière de politique commerciale constituent d’importants risques pour la conjoncture. Les scenarii bénins demeurent fragilisés par des facteurs externes échappant au contrôle des autorités suisses.
Reste que cette révision du SECO signe une rupture psychologique. Après des trimestres marqués par la stagnation et les déceptions, les analyitiques officiels envisagent désormais une Suisse dynamique, export-driven, avec des créations d’emplois soutenues. Pour les Romands qui craignaient une année 2026 morose, ce regain d’optimisme pourrait enfin transformer l’ambiance dans les entreprises et sur le marché du travail.