La BNS relève ses prévisions de croissance : l’économie suisse affiche plus de vigueur que prévu

Économie

Les doutes qui entouraient l’économie suisse au début de l’année semblent s’estomper. La Banque nationale suisse (BNS) a décidé jeudi de conserver son taux directeur à 0%, niveau où il se trouve depuis juin 2025, l’inflation restant sous contrôle dans la Confédération. Mais au-delà de ce statu quo attendu sur les taux, la vraie nouvelle réside ailleurs : la BNS relève sa prévision de croissance du PIB suisse à 1,5%-2,0% pour l’année en cours, contre 1% en juin.

Cette révision à la hausse constitue un tournant significatif. Encore en juin dernier, l’institut d’émission tablait sur une croissance quasi-anémique. Aujourd’hui, il envisage un rebond dynamique de plus du double. Sur les 18 économistes interrogés par l’agence suisse AWP, tous sans exception s’attendaient à ce maintien à 0%. Autrement dit, le statu quo monétaire était verrouillé. Ce qui a surpris les marchés, c’est cette amélioration sensible de la trajectoire économique.

L’inflation s’accélère mais reste maîtrisée

L’inflation, elle, ne reste pas insensible à la situation mondiale. La banque centrale suisse a relevé ses prévisions d’inflation face à la hausse des prix des produits pétroliers. Elle a remonté sa prévision d’inflation pour 2026 à 0,7% (contre 0,6% auparavant), à 0,8% pour 2027 (contre 0,6%) et 0,8% pour 2028 (contre 0,7%).

Ces chiffres restent confortables : l’inflation est contenue entre 0,7% et 0,8%, avec un objectif de l’ordre de 0% et 2%. Aucune urgence donc à relever les taux. Malgré la légère accélération de l’inflation dans la Confédération, en raison de la flambée des prix du pétrole, la politique monétaire de la BNS « est appropriée pour maintenir l’inflation dans la plage de stabilité des prix et soutient l’activité ».

Vers une hausse des taux ? Pas pour maintenant

Si l’économie gagne en vigueur, la BNS n’en reste pas moins prudente. Certains économistes commencent à spéculer sur une remontée des taux, mais l’institution affiche une confiance sérénissime dans son dispositif actuel. À l’inverse de la Réserve fédérale américaine (Fed) et de la Banque centrale européenne (BCE), qui ont récemment relevé leurs taux directeurs, l’institut d’émission helvétique a donc opté pour le statu quo monétaire.

La banque centrale suisse se distingue ainsi par une approche décalée par rapport à ses homologues : tandis que Washington et Francfort resserrent progressivement les robinets du crédit, Berne offre une liquidité abondante à une économie qui, en réalité, affiche une belle dynamique. Cette asymétrie n’est pas accidentelle. La BNS a averti que « le contexte relatif à la politique commerciale et l’évolution des cours de change restent des facteurs d’incertitude ».

Pour les épargnants et les emprunteurs suisses, le message est clair : l’environnement restera accommodant au moins jusqu’à décembre, date de la prochaine décision. Les taux hypothécaires devraient rester stables, et le franc dispose d’un pare-feu monétaire face aux turbulences extérieures. La Suisse n’est donc pas si mal armée que cela pour affronter les turbulences commerciales et géopolitiques qui guettent.