Le baromètre KOF grimpe à ses plus hauts depuis cinq ans : la Suisse enfin rassurée sur sa croissance ?

Économie

L’économie suisse termine le mois en fanfare. Les perspectives pour l’économie suisse restent favorables, selon le baromètre du KOF publié mardi, qui a encore augmenté en septembre, retrouvant son plus haut niveau depuis 2021. Pour le citoyen romand, ce chiffre d’apparence technique cache une bonne nouvelle : les économistes qui pilotent les décisions des banques, des assurances et des entreprises sont plus confiants qu’ils ne l’ont été depuis cinq ans.

Ce rebond d’optimisme repose sur des fondamentaux solides. Au deuxième trimestre, la Suisse a enregistré une croissance bien plus marquée qu’attendu sous l’effet d’un vif rebond des exportations de produits pharmaceutiques. Le PIB s’est accru de 1,5% au second trimestre, après une progression de 0,5% au premier trimestre. La chimie-pharma, pilier historique de l’économie helvétique, a remis le moteur en marche après un creux inquiétant au printemps. Résultat : le ministère de l’Economie, la banque centrale suisse et les instituts de prévisions ont relevé leurs estimations de croissance du pays pour 2026. Mi-septembre, le ministère de l’Economie a ainsi relevé sa prévision de progression du PIB à 1,7%, contre 0,9% attendu auparavant.

Stabilité monétaire et affaiblissement du franc

Côté politique monétaire, la Banque nationale suisse a confirmé jeudi une approche prudente, cohérente avec cet optimisme mais sans excès. La Banque nationale suisse (BNS) a maintenu jeudi son principal taux directeur au niveau actuel malgré l’accélération de l’inflation provoquée par la guerre au Moyen-Orient, qui a conduit d’autres banques centrales à relever leurs coûts d’emprunt. Ce taux reste ainsi fixé à 0%, comme le prévoyaient les économistes interrogés par Reuters.

Cette stabilité des taux à zéro détonne avec le reste du monde. La décision de la Banque nationale suisse (BNS) contraste avec les récentes mesures prises par la Banque centrale européenne, la Réserve fédérale américaine et la Banque du Japon, qui ont toutes commencé à relever leurs taux d’intérêt pour lutter contre l’inflation. Pourquoi cette différence ? L’économie suisse est restée largement protégée des pressions inflationnistes qui touchent les pays voisins et ses pairs économiques. Le taux d’inflation annuel du pays a atteint 0,8% en août, sous l’effet de la hausse des prix de l’essence, du diesel et du mazout.

Toutefois, des risques pointent à l’horizon. GianLuigi Mandruzzato, économiste chez EFG International, avait toutefois prévenu que «la poursuite de cette politique du taux-zéro est moins certaine qu’elle ne l’était encore récemment». La probabilité pour que la BNS remonte ses taux en décembre ou en mars s’est accrue, au vu de l’inflation mais aussi de l’affaiblissement du franc suisse depuis l’été, selon lui. Le franc s’érode face aux principales devises, une tendance qui reflète le différentiel de taux d’intérêt avec l’eurozone et les États-Unis.

Ce qui change pour votre portefeuille

Pour l’épargnant romand, ce mélange de croissance affirmée et de taux stables n’est ni tout noir ni tout blanc. D’un côté, la confiance accrue des économistes laisse entrevoir des revenus d’entreprises plus robustes et donc potentiellement de meilleures performances boursières à moyen terme. De l’autre, le maintien des taux à zéro signifie que vos comptes d’épargne continueront de rapporter très peu, voire négatif en termes réels face à une inflation qui, bien que modérée, grignote lentement votre pouvoir d’achat.

La vraie conclusion du baromètre KOF ? La Suisse retrouve son équilibre après une période d’incertitude. Pas d’euphorie, pas de pessimisme, mais une croissance solide et maîtrisée. C’est précisément l’environnement que les épargnants avertis attendaient.