Le KOF relève sa prévision de croissance du PIB suisse de 0,8% à 1,9% pour 2026, une progression spectaculaire qui marque un tournant pour l’économie helvétique. Au premier semestre 2026, l’économie suisse s’est montrée nettement plus résistante que prévu face à la pression exercée par la politique douanière américaine et la hausse des prix de l’énergie, selon les experts du Centre de recherches conjoncturelles de l’EPFZ.
Cette révision à la hausse dépasse même les prévisions prudentes du SECO de septembre dernier. Le groupe d’experts de la Confédération tablait sur une croissance du PIB de 1,7% pour 2026, contre une progression de 0,9% en juin. Le KOF va plus loin encore, portant ses projections à 1,9%, ce qui représente une amélioration sensible du tableau économique suisse.
L’industrie pharmaceutique comme locomotive
Les exportations pharmaceutiques et la résistance de la zone euro ont soutenu l’économie helvétique au premier semestre. Les grands laboratoires suisses tirent résolument l’économie vers le haut. Novartis a indiqué aux investisseurs s’attendre à une progression annuelle de ses ventes de 5 à 6% entre 2025 et 2030, tandis que les titres de Roche ont enregistré leur meilleur mois depuis 1997, après les résultats positifs d’un essai clinique de phase avancée pour un médicament contre le cancer du sein.
Ce dynamisme pharma contraste fortement avec les inquiétudes qui persistaient encore il y a quelques mois. La dépréciation récente du franc suisse joue également un rôle clé. La récente dépréciation du franc soutient les secteurs d’exportation exposés aux fluctuations de change, ce qui bénéficie particulièrement aux entreprises exportatrices romandes.
Une inflation maîtrisée, mais des défis persistent
Sur le front des prix, la situation reste favorable pour les ménages. Les marchés à terme laissent entrevoir une baisse des prix du pétrole dans les prochains mois, incitant les experts à maintenir leur prévision d’inflation annuelle moyenne de 0,6% pour 2026 et 2027. Cette stabilité tarifaire contraste avec les tensions observées dans d’autres pays et offre une bouffée d’air aux portefeuilles des Suisses.
Reste que cette embellie économique n’efface pas les préoccupations de fond. En 2026, l’économie suisse ferait face à des pressions récessionnistes du fait d’une demande intérieure plus faible et de l’incertitude liée aux droits de douane. Les tensions commerciales mondiales et les enjeux de politique douanière américaine continuent de planer sur les perspectives à moyen terme.
Investissements en hausse et marché du travail résilient
Les investissements en capital fixe progressent de 1,3% en 2026, avec des perspectives favorables pour 2027. Ce redynamisme de l’investissement productif signale une confiance retrouvée chez les entrepreneurs suisses. Le KOF prévoit une pause durant le troisième trimestre, avant une reprise modérée au cours des trois derniers mois de 2026, ce qui suggère un profil de croissance moins linéaire mais robuste.
Pour les salariés, cette dynamique économique pourrait se traduire par une meilleure tenue du marché du travail. Après plusieurs mois d’incertitude, l’accélération de la croissance offre des perspectives d’embauche plus encourageantes pour les prochains trimestres.