Genève et Vaud dépassent Zurich : la Romandie devient le premier moteur économique suisse

Économie

Cette révolution statistique, dévoilée à l’occasion de nouvelles publications de l’Office fédéral de la statistique, marque un tournant symbolique dans la géographie économique suisse : la Romandie dépasse désormais Zurich. En 2024, les deux cantons romands ont généré ensemble un PIB légèrement supérieur à 168 milliards de francs, contre 167 milliards pour le canton alémanique.

Cette transition mérite quelques explications. Deux entreprises qui emploient le même nombre de personnes ne produisent pas forcément autant de richesses. Un canton accueillant des activités particulièrement lucratives pouvait donc voir son poids économique sous-estimé. L’OFS a donc ajusté sa méthodologie de calcul, ce qui a eu pour effet de valoriser davantage les secteurs à haute productivité concentrés dans la région lémanique.

Les vrais piliers de la Romandie

Mais au-delà de la pure statistique, ce résultat reflète une réalité économique profonde. Diversification du tissu économique, capacité à exporter des produits innovants, solidité du marché intérieur et maintien de bonnes conditions-cadres permettent à la Romandie de tenir bon face aux turbulences mondiales. Le rapport entre les exportations de biens et le PIB atteint ainsi 48% pour la Suisse romande, bien au-delà de la moyenne mondiale.

Ce n’est pas l’effet du hasard. En 2025, le PIB nominal romand a été chiffré à 215,3 milliards de francs suisses et son poids dans le PIB suisse global à 26,4%. La région concentre des activités lucratives : chimie-pharma, finance internationale, technologie, services. Genève seule s’impose comme centre financier majeur, tandis que Vaud s’affirme comme pôle technologique et pharmaceutique.

Les ombres au tableau

Toutefois, le dépassement de Zurich, bien réel en chiffres bruts, cache des nuances. En 2024, le PIB genevois a reculé et la productivité horaire de la région lémanique a diminué de 0,5%. Le canton zurichois connaît des ralentissements, certes, mais continue d’investir dans l’innovation et l’attraction des talents.

Une donnée capitale pour l’épargne romande

Pour les portefeuilles romands et les épargnants de la région, cette nouvelle confirme un élément clé : la Romandie représente désormais le cœur économique du pays. Cela revêt une importance particulière pour la sélection d’actifs, la diversification géographique intra-suisse et la compréhension des cycles économiques régionaux. Genève et Vaud représentent près de 20% du PIB suisse.

Cette mutation des équilibres régionaux s’inscrit dans une dynamique de long terme, où la Romandie consolide sa position de pôle économique majeur en Europe occidentale, attirant les flux de capitaux et les talents. Pour qui gère un portefeuille ou épargne en Suisse romande, c’est une donnée capitale : on n’investit plus dans une région périphérique, mais au cœur du moteur économique national.