La Suisse a approuvé son premier fonds commun de placement coté (ETF) permettant aux particuliers d’investir directement en bitcoin. BIT Asset Management a reçu l’approbation de la FINMA pour lancer le Bitcoin Fund ETF (ticker : BBIT), qui doit commencer à s’échanger sur SIX Swiss Exchange en novembre 2026. Cette avancée marque un tournant pour la place financière suisse et ouvre de nouvelles perspectives aux investisseurs romands.
Une structure pensée pour la sécurité des investisseurs
Il s’agit du premier fonds négocié en bourse en Suisse à investir directement en bitcoin. Mais le détail technique importe davantage que le label. Contrairement à la majorité des produits similaires disponibles en Europe, la plupart des produits bitcoin listés en Europe sont des produits négociés en bourse (ETP) structurés comme des titres de créance, porteurs du risque de contrepartie lié à la solidité de l’émetteur.
Le Bitcoin Fund ETF emprunte une voie différente. Contrairement aux produits bitcoin généralement disponibles en Europe, structurés comme des instruments de dette, le BBIT fonctionnera comme un fonds commun de placement suisse qui détiendra directement du bitcoin plutôt que d’utiliser des contrats à terme ou d’autres dérivés. Cette architecture offre une protection supplémentaire aux porteurs.
Les actifs du fonds sont détenus séparément de ceux de la société de gestion de fonds et sont ainsi ségrégués pour les investisseurs. En clair, si BIT Asset Management connaissait des difficultés financières, les holdings bitcoin restent protégées et inaccessibles aux créanciers de la société. Selon la loi suisse sur les placements collectifs, les actifs du fonds bénéficient d’une ségrégation juridique, réduisant les risques liés aux émetteurs associés aux produits structurés comme titres de créance.
L’accès enfin démocratisé pour les particuliers romands
Jusqu’à présent, les particuliers suisses pouvaient certes accéder au bitcoin, mais les canaux restaient limités : achat direct auprès de platforms de trading, ou produits structurés vendus par les banques. Le Bitcoin Fund ETF sera accessible aux investisseurs particuliers en Suisse, et non réservé aux seuls investisseurs qualifiés ou institutionnels. Les investisseurs pourront accéder à l’exposition bitcoin via des comptes bancaires et de courtage suisses ordinaires, sans avoir besoin d’acheter et de gérer directement la cryptomonnaie.
C’est un changement majeur. Les clients de banques romandes pourront intégrer le bitcoin à leurs portefeuilles classiques, au même titre qu’une action ou un fonds, et à travers leur infrastructure habituelle. Plus besoin de compte auprès d’une plateforme de trading spécialisée.
Un positionnement européen unique
Le Bitcoin Fund ETF est actuellement le seul ETF bitcoin au comptant en Europe. Cet isolement relatif montre à quel point la Suisse joue un rôle singulier dans l’écosystème européen des actifs numériques. Selon le PDG du groupe BIT, la Suisse s’est établie comme un centre moteur pour les actifs numériques, combinant un secteur financier fort, une clarté réglementaire et un écosystème innovant, ce qui explique le choix du lancement du premier ETF bitcoin suisse et reflète l’ambition de mettre un pont entre la finance traditionnelle et les technologies émergentes.
Un risque à la hauteur de la volatilité
Il convient de noter que le fonds est classé dans la catégorie réglementaire suisse « Autres fonds de placement alternatif » avec un risque particulier et investit exclusivement en bitcoin, qui est extrêmement volatil. La FINMA elle-même a mis les investisseurs en garde sur les risques inhérents à cet actif hautement spéculatif. La volatilité du bitcoin est très élevée, et l’achat et la vente de bitcoins comportent des risques de règlement et de contrepartie plus importants que les investissements traditionnels.
La démocratisation de l’accès au bitcoin ne signifie pas l’absence de risque. Elle signifie plutôt que les particuliers romands disposent désormais d’une voie régulée et transparente pour exposer une partie de leur portefeuille à cet actif encore jeune et instable, s’ils le souhaitent, sans nécessité de s’aventurer sur des plates-formes moins sécurisées.