L’indice du climat de consommation s’inscrit à −36 points en juin 2026, soit 4 points de moins qu’à la même époque l’année précédente. Ce recul accentué de la confiance des ménages suisses illustre un paradoxe troublant : tandis que la Banque nationale suisse maintient une politique monétaire des plus accommodantes, les portefeuilles des épargnants romands se fragilisent.
Derrière cette chute des attentes se cachent des inquiétudes multiples. La situation économique générale à venir, la situation financière passée, la situation financière à venir et le moment favorable pour de grandes acquisitions affichent tous des scores inférieurs au niveau de juin 2025. Traduit en langage courant, cela signifie que les ménages sont moins disposés à dépenser, à emprunter pour l’immobilier ou à rembourser leurs dettes. Une contraction qui frappe généralement les premiers les régions romandes, davantage exposées aux cycles économiques mondiaux que les cantons alémaniques.
Pour la Suisse, le tableau est contrasté : l’inflation reste faible grâce au mix énergétique, tandis que la baisse de la demande étrangère pèse sur le commerce extérieur. Le secteur export, qui absorbe 60% du PIB suisse, commence à ralentir visiblement. Les anticipations revues à la baisse du SECO signent l’essoufflement relatif : le groupe d’experts table sur une croissance nettement inférieure à la moyenne en 2026, de 0,9 %. Pour un pays habituellement plus robuste, ce taux approche la stagnation.
L’équation est mal assise. Avec une inflation domestique sous contrôle, oscillant entre 0,1% et 0,3% sur la première moitié de 2026, la Banque nationale suisse a maintenu sa politique de taux zéro. Cette posture défensive protège certes le franc et les prix à l’importation, mais elle asphyxie graduellement les épargnants romands. Lors de périodes de taux bas, les épargnants perdent. Si les taux directeurs de la BNS sont faibles ou zéro, les taux du marché monétaire à court terme seront également bas. Les banques peuvent emprunter l’argent à bas prix et ne doivent pas offrir aux épargnants des taux d’intérêt élevés sur leurs comptes d’épargne.
La question brûle les lèvres de chaque investisseur romand : comment protéger son patrimoine quand les rendements réels tournent à la dérision ? L’indice de consommation en chute libre suggère que les ménages esquivent déjà la réponse en se repliant sur l’épargne de précaution. Mais cette épargne, prisonnière de taux quasi nuls, se consume lentement en termes de pouvoir d’achat réel. Si les taux d’intérêt sur les capitaux épargés sont inférieurs au taux d’inflation, les épargnants peuvent même perdre du pouvoir d’achat.
Swiss Life anticipe actuellement que la BNS maintiendra son taux directeur inchangé à zéro jusqu’au moins la fin de 2026, puis commencera à le relever graduellement après. Cette perspective lointaine de normalisation accentue le sentiment d’impuissance chez ceux qui dépendent des revenus d’intérêts. Les assurances-vie sur fonds propres, les obligations d’État suisses, même les fonds de placement sûrs ne rémunèrent plus le risque de l’attente.
Selon le contexte des taux persistants bas, les personnes qui investissent leur argent au lieu de le laisser sur un compte d’épargne peuvent bénéficier de différentes manières, notamment sur les marchés actions, car des taux bas tendent à dynamiser les actions. Pour les portefeuilles de ceux qui détestent la volatilité, reste la pénible réalité : le franc suisse conservé sous l’oreiller rate la parade, tandis que le malaise des ménages s’accentue et que la croissance patine.