Croissance suisse ralentie à 0,9 % : le SECO révise ses prévisions à la baisse face aux turbulences commerciales

Économie

Mauvaise surprise pour l’économie suisse. Le groupe d’experts du Secrétariat à l’économie (Seco) vient de réviser à la baisse ses prévisions de croissance pour cette année, reflétant un contexte international dégradé. La progression du PIB est attendue à 0,9 % en 2026, alors qu’une hausse de 1,2 % était prévue en juin dernier.

Cette détérioration constitue un revers significatif pour la Suisse à un moment où les exportateurs sont déjà sous pression. Les perspectives économiques se sont assombries depuis l’entrée en vigueur des nouveaux droits de douane américains. Cette conjoncture morose contraste avec le consensus antérieur, qui tablait sur une croissance plus robuste pour soutenir les investissements et l’emploi dans le pays.

L’inflation maîtrisée, mais des risques multiples

Sur le plan des prix, la situation demeure stable. L’inflation pour 2026 est toujours attendue à 0,5 %, un chiffre rassurant pour la Banque nationale suisse (BNS) qui cherche à maintenir la stabilité monétaire. Cependant, cette tranquillité apparente cache des risques sous-jacents.

Différents risques pourraient pousser le franc suisse à la hausse, notamment la détérioration du contexte international, de potentielles corrections sur les marchés financiers ainsi que les risques liés à l’endettement international. À ces facteurs externes s’ajoute le spectre d’une appréciation du franc, qui rendrait les exportations suisses moins compétitives et aggraverait les pressions déflationnistes. Les risques bilanciels auxquels font face les institutions financières et ceux liés aux marchés immobiliers demeurent, tandis que les conflits armés en cours font peser des risques géopolitiques.

Une pause stratégique de la BNS face à l’incertitude

Face à cette dégradation, la Banque nationale suisse a logiquement choisi de maintenir son taux directeur à zéro lors de sa dernière décision. Cette prudence reflète l’embarras du régulateur suisse : stimuler une économie qui ralentit sans amplifier les risques financiers. La BNS poursuit sa “politique de taux zéro”, en vigueur depuis juin 2025, bien que l’inflation ait été inférieure aux attentes ces derniers mois.

Cette immobilité monétaire est censée soutenir la demande intérieure et préserver la capacité d’emprunt des ménages et entreprises. Néanmoins, elle illustre aussi les limites de la politique monétaire face à des chocs externes : les tarifs douaniers américains et les tensions géopolitiques échappent largement au contrôle de la banque centrale suisse.

À quand le rebond ?

Il faudra être patient avant de voir la croissance mondiale accélérer progressivement dans le courant de l’année prochaine, et soutenir l’industrie d’exportation suisse. Le Seco table une reprise plus nette en 2027, avec une croissance projetée à 1,6 %, mais cette prévision repose sur l’hypothèse fragile d’une désescalade des tensions commerciales.

Entre-temps, les entreprises suisses confrontées aux tarifs américains doivent gérer une période de faible visibilité. Les mesures de chômage partiel déjà envisagées par le gouvernement fédéral témoignent de cette anxiété latente. Pour les investisseurs et épargnants, le message reste mitigé : la Suisse bénéficie toujours de fondamentaux solides (chômage faible, franc fort, stabilité institutionnelle), mais la croissance anémique des prochains mois rendra le contexte moins favorable aux stratégies de placement agressives.