Contexte de l’enquête et chiffres clés
Une étude représentative menée par la Haute école zurichoise des sciences appliquées (ZHAW) et publiée ce jeudi s’appuie sur des données collectées entre février et avril auprès de 6000 journalistes et cadres contactés par courriel ou via LinkedIn. L’échantillon final compte 1751 répondants.
Parmi ces répondants, environ 60 % déclarent avoir été pris à partie l’année dernière par des propos haineux ou des insultes. Dans 45 % des cas, ces attaques ciblaient le journalisme, les représentants des médias en général ou l’employeur de la personne concernée. Dans 20 % des situations, l’attaque visait l’appartenance ethnique ou le sexe.
La publication met en évidence l’ampleur des propos hostiles et la nécessité d’un cadre de protection dédié au journalisme.
Journalisme d’investigation: un domaine particulièrement ciblé
Onze pour cent des journalistes ont été harcelés sexuellement. Le harcèlement était verbal dans 81 % des cas et physique dans 19 %.
Selon l’enquête, les journalistes les plus touchés sont ceux qui pratiquent le journalisme d’investigation. Ceux-ci mettent en lumière des irrégularités, des abus ou des dysfonctionnements et participent à la lutte contre la désinformation.
Menaces et appels à la haine
En Suisse, les journalistes font parfois face à des menaces et à des appels à la haine. Les menaces de dépôt de plainte constituent l’une des formes les plus courantes.
Un quart des professionnels travaillant dans les médias a été menacé de dépôt d’une plainte.
La plupart des menaces se manifestent par voie numérique: 17 % des répondants indiquent avoir reçu des menaces au travail sous forme de cyberattaques, de phishing ou de courriels falsifiés.
Conséquences et recommandations
Les journalistes ciblés évoquent un risque accru de burnout et de stress psychologique. Face à ces constats, la ZHAW invite les groupes de presse et les associations professionnelles à mettre en place des programmes de soutien et de protection et à proposer des services de conseil accessibles aisément. L’institution suggère également d’aborder ce sujet dans la formation initiale et continue des journalistes.