La BNS maintient ses taux à zéro : la détente au Moyen-Orient change la donne pour l’inflation suisse

Économie

Geopolitical deescalation in the Middle East is now reshaping the economic outlook for Switzerland. After months of mounting energy price pressures, the recent agreement between the United States and Iran signals a turning point in inflation dynamics, justifying the BNS’s measured approach and opening new perspectives for savers and borrowers.

Une inflation qui se stabilise sous l’accalmie géopolitique

La Banque nationale suisse a conservé son taux directeur à 0,0%, alors que le spectre d’une forte inflation semble s’éloigner avec la détente au Moyen-Orient. Ce maintien du statu quo, opté pour la quatrième fois consécutive, reflète une confiance croissante dans la maîtrise des prix. En mai, les prix à la consommation se sont maintenus à un niveau très bas, l’inflation s’établissant à 0,6% sur un an, clairement dans les clous de la fourchette de 0% à 2% visée par la BNS.

L’accalmie géopolitique joue un rôle décisif. Les Etats-Unis et l’Iran ont signé mercredi un protocole d’accord pour mettre fin à leur conflit, ce qui signifie entre autres le déblocage du détroit d’Ormuz, point de passage névralgique des hydrocarbures. Cet événement dissipe les craintes d’une spirale inflationniste incontrôlable qui avait prédominé quelques semaines auparavant.

Pourquoi la Suisse résiste mieux aux chocs énergétiques

En Suisse, l’inflation reste toutefois nettement plus faible en comparaison internationale, en raison de la faible part des dépenses énergétiques dans la consommation et de la vigueur du franc suisse, la hausse des prix demeurant modérée. Cette particularité explique que la Suisse n’ait pas suivi la Banque centrale européenne sur le terrain d’une remontée des taux.

Contrairement à la Banque centrale européenne (BCE) qui a relevé ses taux d’intérêt en juin, la Banque nationale suisse ne se préoccupe pas de l’inflation et juge son taux zéro approprié. Cette différence de stratégie traduit des réalités économiques contrastées : pendant que la zone euro doit combattre une inflation persistante, la Suisse bénéficie d’une insulation naturelle.

Le franc suisse : atout et vigilance

La force du franc demeure une arme à double tranchant. La BNS a souligné qu’elle était davantage disposée à intervenir sur le marché des changes afin de contrer une appréciation rapide et excessive du franc, qui menacerait la stabilité des prix en Suisse. Cependant, Martin Schlegel, président de la BNS, souligne que le franc a quelque peu perdu de la valeur avec l’accroissement des différences d’intérêt, il n’y a donc pas de nécessité d’intervention immédiate, contrairement à la période qui a suivi le début du conflit au Moyen-Orient.

Les perspectives : modérée croissance, inflation maîtrisée

La SNB s’attend à une croissance d’environ 1% pour 2026 dans son ensemble, suivie d’environ 1,5% en 2027. Sur le front de l’inflation, pour 2026 et 2027, l’inflation devrait atteindre +0,6%, davantage que la progression de 0,5% attendue jusqu’ici, d’après la BNS, et elle table désormais sur +0,7% pour 2028 contre une prévision de +0,6% précédemment. Ces ajustements restent mineurs et ne remettent en cause aucune des perspectives fondamentales.

Le conflit iranien a entraîné une réduction de l’offre énergétique, mais même si l’accord de paix est respecté, il faudra un certain temps pour que la situation de l’approvisionnement se normalise. Pour les épargnants et les emprunteurs suisses, cette normalisation progressive offre une fenêtre de stabilité bienvenue avant d’éventuels ajustements de politique monétaire.

Ce que cela signifie pour vos placements et votre épargne

La BNS se voit très bien positionnée, ce qui plaide pour des conditions hypothécaires SARON inchangées ainsi que pour des taux à long terme relativement stables. Pour les épargnants confrontés à un taux directeur nul, l’environnement reste exigeant. Les perspectives d’une inflation modérée et stable justifient cependant une certaine prudence dans les stratégies d’investissement, avec une attention particulière aux actifs de long terme et aux couvertures contre d’éventuels chocs géopolitiques futurs.