Inflation en légère hausse, taux zéro maintenu : la BNS s’accroche à sa politique accommodante

Économie

Depuis juin 2026, l’environnement monétaire suisse demeure figé. La BNS a décidé de maintenir son taux directeur à 0,0% lors de son examen du 18 juin 2026, confirmant une trajectoire de stabilité qui dure depuis plus d’un an. Mais cette apparente immobilité cache des tensions croissantes que chaque Suisse doit connaître pour adapter ses finances.

Le contexte global a change sensiblement. Le blocage du détroit d’Ormuz a considérablement affecté l’offre énergétique mondiale et fait grimper les prix de l’énergie. En conséquence, la Banque nationale suisse relève ses prévisions d’inflation pour cette année, mais également pour les deux suivantes. Précisément, en 2026 et 2027, l’inflation devrait atteindre +0,6%, davantage que la progression de 0,5% attendue jusqu’ici, et pour 2028, la BNS table désormais sur +0,7% contre une prévision de +0,6% précédemment.

Toutefois, ces chiffres demeurent très contenus. En raison de la faible part des dépenses énergétiques dans le panier des prix à la consommation et de la force du franc, les effets des prix de l’énergie sont beaucoup plus modérés en Suisse en comparaison internationale. Contrairement à la zone euro ou aux États-Unis, qui affrontent des pressions inflationnistes substantielles, la Suisse bénéficie d’une « bulle » protectrice.

Pourquoi aucune hausse de taux?

À première vue, une inflation croissante inciterait les banques centrales à relever leurs taux directeurs. Cependant, la logique de la BNS diffère. Les banques centrales résistent généralement à une flambée temporaire des prix de l’énergie, en effet, la politique monétaire vise à atteindre l’objectif d’inflation à moyen terme, et la hausse des coûts de l’énergie freine l’économie, ce qui peut entraîner un affaiblissement de la dynamique des prix à moyen terme.

En clair, la BNS considère que l’inflation énergétique est passagère et que relever les taux aurait deux revers : freiner une croissance déjà fragile et offrir peu de bénéfice durable si l’énergie redevient moins chère. Étant donné que l’inflation devrait rester confortablement dans la fourchette cible de 0 à 2% fixée par la BNS à court et moyen terme, cette dernière ne voit aucun besoin d’ajustement du taux directeur.

L’économie suisse à la peine

La croissance suisse s’essouffle. Pour 2026 as a whole, the SNB currently expects growth of around 1%, un chiffre faible qui reflète les secousses extérieures. Le principal risque à l’horizon économique pour la Suisse sont les développements dans l’économie mondiale, en particulier la situation au Moyen-Orient qui pourrait s’aggraver et freiner l’activité économique mondiale plus fortement.

Cette faiblesse conjoncturelle justifie aussi le statu quo monétaire. Swiss Life actuellement s’attend à ce que la BNS laisse le taux directeur inchangé à zéro jusqu’au moins la fin de 2026 et commence ensuite lentement à le relever.

Conséquences pour vos finances

Pour les épargnants, le maintien du taux zéro pénalise les comptes d’épargne. Durant les périodes de taux bas, les épargnants perdent; si les taux directeurs sont faibles ou nuls, les taux d’intérêt du marché à court terme seront aussi bas, et les banques peuvent emprunter de l’argent bon marché et ne pas devoir payer des taux élevés aux épargnants sur leurs comptes d’épargne.

Pour les propriétaires et futurs acheteurs, une légère amélioration pointe à l’horizon. Swiss Life s’attend à une augmentation modérée des taux hypothécaires à long terme en 2026. Il peut donc être judicieux de renégocier une hypothèque à taux fixe avant une hausse. Les taux hypothécaires sont actuellement en train de toucher le fond, et Swiss Life s’attend à une augmentation modérée au cours de l’année.

Pour les investisseurs, le scénario reste contrasté mais favorable aux actions. Pour la Suisse, le tableau est contrasté: l’inflation reste faible grâce au mix énergétique, tandis que la baisse de la demande étrangère pèse sur le commerce extérieur; compte tenu de l’incertitude accrue, les gestionnaires restent proches des quotas stratégiques et conservent une position globalement neutre sur les actions avec une légère surpondération des titres américains, tandis que s’agissant des obligations, ils privilégient les obligations d’entreprises par rapport aux obligations d’État.

En somme, le maintien de la politique accommodante de la BNS offre un environnement stable, quoique peu rémunérateur pour l’épargne liquide. Les incertitudes géopolitiques persistent, mais la Suisse reste un havre de stabilité monétaire relative. Adapter ses placements et crédits à ce contexte devient incontournable.